29.11.2007

Je suis tombé amoureux...

... ou "Comment vous rendre le temps moins long en attendant l'article que je promets depuis des semaines sans avoir l'inspiration de l'écrire."

 

Et non, il ne s'agit pas d'une jeune femme: j'en ai une, je la garde encore un peu.

 

Et oui c'est un titre racoleur.

 

Mais ça vaut le coup.

 

Car c'est l'une de mes plus anciennes et fidèles amours que je veux vous présenter : la musique classique. 

 

Et plus particulièrement d'un genre bien défini : un Requiem.

J'ai, depuis toujours aimé ces oeuvres qui sont, pour moi, parmi les plus profondes et les plus touchantes qu'on ait jamais écrites.

Allez comprendre pourquoi, mais quand il s'agit de composer une musique qu'ils pourraient resservir le jour de leur enterrement, les compositeurs se surpassent. Enfin, dit comme ça, en fait, ça ne me parait plus aussi étonnant.

Bref, aimant cela tout particulièrement, je m'en gave régulièrement, celui de Fauré étant mon préféré, ceux de Mozart et Duruflé suivant de près et précédent un vaste peloton.


Avant hier, ayant posé confortablement mes petites fesses sur le velours rouge de la chaise d'une des loges du premier balcon de la Salle Philharmonique de Liège, j'ai eu le plaisir d'entendre un concert durant lequel l'Orchestre et les Choeurs du Conservatoire nous ont servi un Gloria de John Rutter.

Et c'est là que je me suis rendu compte que je ne connaissais que de loin ce compositeur Britannique, élève de John Taverner et agé d'à peine soixante-deux ans.

N'aimant pas les lacunes (pourtant vastes) dans ma culture (hélas bien limitée) et supportant encore moins qu'on les pointe du doigt, je me suis empressé, dès le lendemain, de me rendre à la médiathèque la plus proche et de faire, comme je fais souvent lorsque je souhaite découvrir un artiste : louer tout ce que je trouvais composé par lui.

 

Ce qui se résume, pour Rutter, hélas... à un seul disque.

 

Mais quel disque, bon dieu !

 

Edité par Hyperion (qui ne produit en général pas de la merde et a le chic pour dénicher des petites perles), il reprend, outre le Requiem, quelques pièces de musique sacrée pour choeurs et orchestre, toujours de Rutter.

Mais revenons-en au Requiem.

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Et là, chers amis, c'est solennellement que je vous OBLIGE à cliquer sur la photo ci-à-côté et à télécharger pour l'écouter le "Lux Aeternam", ouverture du Requiem.

 

"Quoi, on n'a pas le choix ?", vous entends-je demander.

 

NON on n'a pas le choix ! Quand c'est l'avenir de votre perception musicale qui est en jeu, on n'a pas le choix.

 

A la première écoute, peu attentif que j'étais, les harmonies un brin Fauréiennes m'ont malgré tout attiré l'oreille. A tel point que j'ai réécouté le "Lux Aeternam" six fois d'affilée, les yeux fermés. De quoi me plonger dans une sorte de transe auditive, une extase sonore.

 

"Mais qu'est-ce qu'il a de si fameux ?" me demanderont les plus sceptiques qui n'accepteront de cliquer sur le lien que pour une excellente raison.

 

Et bien, chers amis, ce qu'il a de si exceptionnel, ce Requiem, tient en deux éléments : la merveille de la composition et l'excellence de l'interprétation.

La seconde, intimiste à souhait, vous plonge dans une crypte sombre et tiède où seuls percent par le vitrail vert et rouge de timides rayons de soleil. La précision des choeurs de la Sinfonietta de Bournemouth sous la baguette de Stephen Leyton est à faire frémir. Et, alors que je suis très difficile sur ce point en temps normal, les solistes sont d'une justesse impeccable.

Quant à l'orchestre, il est simplement irréprochable.

 

L'écriture de Rutter, elle, je la résumerai en une phrase : Elle donne envie de mourir, espérant que pour la cause, il nous écrira un Requiem.


Claire, lumineuse, pleine d'espoir, délicate mais d'une richesse rarement égalée, emplie d'une sérénité sans faille, on est bien loin de la vision noire et menaçante de la mort qu'a dépeinte un Mozart sentant le poids de sa condamnation prématurée.

Je suis prêt à parier que si le monde entier entendait, en même temps, cette oeuvre, les gens arrêteraient de se battre. 

 

Pas convaincu ?

 

Louez le disque.

Achetez-le.

Puis armez-vous de votre plus fidèle casque audio, votre fauteuil le plus confortable, tamisez les lumières, fermez les yeux et ouvrez les oreilles.

 

Et si, après 35 minutes et 48 secondes vous ne dites pas "Quoi ? C'est déjà fini ?" je vous rembourse le prix d'achat du disque*.

 

D'ailleurs, à l'instant où j'écris ces lignes, j'entends arriver les dernières secondes de l'oeuvre dont je vous parle depuis tout à l'heure. Je l'ai lancée à l'instant où j'écrivais le premier mot de cet article et je sens que je vais recommencer l'écoute immédiatemement.

 

Allez, je vous laisse, il faut que je ferme les yeux.

 

(PS : promis juré craché, je n'oublie pas l'article pour lequel j'ai fait le teasing. J'en ai une ébauche mais c'est pas facile facile à mettre en place.) 

 

 

 

 

 

 

 

*Dans la limite de disponibilité des fonds présents sur mon compte en banque.